jeudi 3 août 2017

Shikanoko, la Princesse de l'Automne - Lian Hearn


Le masque de Shikanoko est brisé. Il retourne chez le sorcier de la montagne. Malgré les catastrophes et la bataille pour le trône du lotus, il espère retrouver Akihime, la princesse de l'automne, et l'enfant empereur.

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A peine le premier tome terminé, je me suis jetée sur la suite. Pourtant je n'avais pas eu beaucoup de mal à lâcher le livre jusqu'ici, je ne l'ai pas trouvé addictif du tout, mais quelque chose dans l'ambiance m'empêchait de passer à un autre livre (pourtant j'ai des lectures bien plus urgentes !).

Dans ce deuxième tome, l'histoire se densifie, les personnages prennent du caractère et les mystères s'accumulent. On commence à comprendre la complexité de l'intrigue, alors qu'elle est pourtant amenée et décrite avec simplicité. On n'est plus dans la mise en place mais dans le coeur de l'action.

Même si ce livre est étiqueté "jeunesse", je continue à trouver qu'il n'en est pas vraiment. Le style permet d'aborder avec détachement des sujets qui ne le sont pas vraiment, mais ce n'est pas pour autant abordable pour tous les adolescents. 
D'un autre côté, j'ai lu de nombreux livres où un style trop simple m'empêchait de me projeter et d'être empathique envers les personnages, mais ici, et c'est là tout le talent de l'auteur, ce n'est pas le cas. Sa plume va à l'essentiel, sans être légère pour autant. Elle est comme inexistante, sans style, sans saveur, sans humour. On ne sent pas du tout la marque de l'auteur, ou celle d'un narrateur. On n'a que le nécessaire à l'histoire. Je ne sais pas par quel moyen elle y parvient, mais ça ajoute une qualité indéniable à cette oeuvre.

J'attends vivement la suite pour me faire un avis général sur cette série, mais pour l'instant elle ne fait que grandir dans mon estime.

lundi 24 juillet 2017

Shikanono, l'Enfant du Cerf - Lian Hearn


Laissé pour mort dans la montagne, le jeune Shikanoko trouve refuge chez un sorcier qui lui fabrique un masque aux immenses pouvoirs magiques. Il devient "l'Enfant du Cerf". Il parlera aux fantômes et aux esprits protecteurs, il apprendra des hommes et des femmes les plus puissants, il connaîtra le raffinement, l'amour et les sentiments les plus purs, mais aussi la bestialité, la cruauté et les machinations politiques...

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Petite merveille que ce livre. Premier tome de la nouvelle saga préquel du Clan des Otori, L'Enfant du Cerf nous entraîne au coeur du Japon médiéval. Style léger, plume agréable à lire, descriptions faisant rêver, Lian Hearn nous entraîne avec une main de maître dans une aventure pleine de complots et rebondissements.

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé un univers presque familier. Non pas celui du Clan des Otori, que je n'ai jamais lu, mais cette fantasy nippone qui a une ambiance vraiment particulière. J'avais adoré La Trilogie de l'Empire de Raymond E. Feist et Janny Wurts et j'ai eu le sentiment de retourner dans le même monde.
Bien sûr, il n'en est rien, mais quand on n'est peu adepte de la culture japonaise comme moi, ça prête à comparaison.

On suit donc l'histoire de Shika au milieu de conflits politiques, meurtres et retournements de situation. Si la plume est vraiment agréable, ce livre n'en reste pas un tome d'introduction, et il a eu du mal à me captiver vraiment. Il manque quelque chose à l'histoire : un souffle de vie, un attachement réel aux personnages. Je l'ai survolé sans vraiment entrer dans l'univers.
Un premier tome très prometteur, mais loin d'être un coup de coeur.

Par contre, j'ai totalement flashé sur la magnifique édition, que ce soit celle du tome 1 seul, ou le rendu qu'auront les quatre tomes une fois la collection complétée !! Je trouve que là dessus l'éditeur, Gallimard, a fait des merveilles en conservant la couverture d'origine. Ca en fait un des plus beaux romans jeunesse de ma bibliothèque.

dimanche 23 juillet 2017

La Peur du Sage - Patrick Rothfuss


Une deuxième journée commence, Kvothe reprend son récit. La suite de ses études à l'Université, sa recherche d'informations au sujet des Chandrians qui ont massacré les siens, son amitié avec la douce Auri, ses querelles avec un petit noble suffisant, jusqu'au drame qui le force à quitter son univers et le jette sur les routes. Découvrez les premiers pas de Kvothe sur la voie qui mène à l'héroïsme et à la déchéance. Découvrez la vérité qui a créé la légende.

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Ce livre, ce n'est pas une histoire avec un début, une quête, et une fin. C'est une succession de moments, un enchaînement de bouts de vie, de petites quêtes personnelles et intérieures.
C'est, finalement, le récit d'une vie dans tout son réalisme : le héros nait, meurt, et entre deux il vit sa vie dans sa continuité et dans l'ordre, en apprenant des choses, en faisant des erreurs.

Kvothe est humain. Un humain intelligent et doué, mais un humain, et le récit de sa vie est humain aussi. Il pourrait être chacun de nous. On ne nous vend pas une guerre qui se termine sur une grande bataille, mais si on a une bataille, on a aussi l'après, les blessures, les échos historiques des années après, la réputation du personnage et le poids des morts. L'histoire ne termine pas à la fin de la bataille, mais c'est là qu'elle commence : quand Kvothe est vieux, cassé et a perdu le goût à la vie. Et ce n'est pas un événement qui l'a rendu comme ça : c'est toute sa vie. Donc, forcément, quand il en parle, il reprend depuis le début...

Ce deuxième volume correspond à une nouvelle partie de sa vie. Je n'ai pas tout trouvé intéressant, mais là encore, est-ce qu'on peut dire que toute notre vie a été intéressante et digne de récits ? C'est cet aspect que j'aime particulièrement dans cette saga. On touche le réalisme (alors que finalement rien n'est réaliste là dedans), parce que le récit est lent, long, et qu'il s'y passe beaucoup de choses.

Sans hésitation, Les Chroniques du Tueur de Roi rejoint mon top 3 des séries de tous les temps, à savoir aux côtés de l'Assassin Royal de Robin Hobb (qui est même au niveau au dessus dans l'apprentissage et le récit de vie) et A Song of Ice and Fire de George R. R. Martin. Autant dire que Rothfuss, pour moi, côtoie les meilleurs.

mardi 23 mai 2017

Le Roi Arthur - La Légende d'Excalibur (2017)




Nouvelle sortie cinématographique du célèbre réalisateur de Snatch, Arnaque Crime et Botanique ou encore les Sherlock Holmes avec Robert Downey JR., Le Roi Arthur est la nouvelle interprétation de la célèbre légende, façon blockbuster.

Rien qu'en voyant la bande annonce, on sait à quoi s'attendre : de l'action, de l'humour, et pas forcément un très grand respect de l'histoire d'origine. Peu importe, je suis allée au cinéma en acceptant ce point, me disant que ça allait être divertissant, et qu'on verrait bien. J'en suis sortie avec un avis grandement positif.

On commence par le moins bon ? le scénario. Il est très pauvre, fade, et franchement pas intéressant. Il faut dire qu'on sait tous comment ça termine. Il y a quelques trucs que je n'ai pas compris de par leur inutilité, mais on laisse passer. Ce qui m'a vraiment gêné, ce sont les changement inutiles qui ont trait à la légende. Par exemple *MINISPOILER* Mordred qui est beaucoup plus vieux de Arthur.... alors qu'il est censé être son fils. Pourquoi ne pas donner un autre nom au mage ? *FINDUSPOILER*

On ajoute à ça le fait que les personnages ne sont presque jamais nommés et qu'on ne sait pas qui est qui par rapport à la légende (je me suis spoilée d'ailleurs en cherchant le nom de l'actrice de Mage, qui visiblement n'est pas juste Mage.... mais qui a toujours été appelée comme telle), et voilà. On a fait le tour du moins bon. Pas grand chose quoi. Maintenant ce qui est bon : TOUT LE RESTE. Vraiment. 

Déjà, les décors ! L'esthétique du film est super travaillé, les paysages sont magnifiques. Il n'y a qu'à regarder la B.A. pour ça.
Ensuite, la musique. Pareil, cf la B.A.
Ensuite, la façon de filmer. Pareil.
Ensuite, l'humour. On a un film qui détend et qui fait rire.

On a donc un film à voir pour l'ambiance, l'esthétique, et pour se vider la tête. Il ne faut pas espérer la remplir avec quoi que ce soit (mis à part des images de la belle gueule de Charlie Hunnam). Donc même si l'avis final est mitigé, il penche vraiment du bon côté.

Si vous êtes amateurs de blockbusters, allez le voir. Si vous êtes pointilleux sur la légende, fuyez, pauvres fous !

dimanche 21 mai 2017

Ubik - Philip K. Dick


Entre la régression du temps et l'instabilité du monde des morts, Ubik est le piège final des réalités. Dans ce roman culte qui réunit tous les thèmes de la S.F., Philip K. Dick peint le portrait d'une humanité à l'agonie, dominée par la technologie. Pour Joe Chip, le héros spécialisé dans la traque des télépathes, la paranoïa et le doute sont les seules certitudes...

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Ubik, c'est un peu le chef d'oeuvre absolu. Celui qu'on est déjà censé aimer avant de l'avoir ouvert, quand on aime la SF. Je l'ai toujours vu au rang des livres cultissimes, indispensables, etc. Donc j'ai commencé ma découverte de l'auteur à la réputation énorme, que ce soit en positif ou en négatif, avec sa "pépite".
L'auteur, déjà, a écrit un nombre énorme de romans et de nouvelles de science-fiction, dont un très bon nombre ont inspiré des chef-d'oeuvre du cinéma et de la télé de ces dernières années (Blade Runner, Minority Report, Total Recall, Le Maître du Haut-Chateau, pour ne citer qu'eux.). Il me paraissait impensable de n'en avoir lu aucun, donc j'ai remédié à cette grosse lacune.

Sauf que... ben ouais, quand on s'attaque à un morceau pareil, il y a toujours le risque d'en attendre trop et de passer à côté. Du coup, Ubik, j'en suis passée à des kilomètres. L'histoire m'a intéressée, mais j'ai eu du mal à y trouver le chef d'oeuvre que j'attendais. Je sens qu'il y est, pas loin, que je l'ai frôlé, mais je n'ai pas réussi à rentrer dedans. J'ai attendu trop de choses qui ne sont pas arrivée.

Eventuellement, il y a peut-être le côté matériel : quand je lis un livre dans une très vieille édition, j'ai tendance à me dire de base qu'il a mal vieilli. C'est idiot, c'est complètement faux, mais ça m'arrive. Donc est-ce que le fait de le lire dans une très vieille édition (celle que j'ai affichée au dessus) a influencé ma lecture ? probablement.

Cependant, je n'abandonne pas, et j'ai dans la foulée trouvé en brocante un autre de ses livres : Loterie Solaire, de même que j'ai ressorti son recueil de nouvelles Paycheck qui, je l'espère, me feront changer d'avis sur l'auteur. Ce qui est sûr, c'est qu'il aura le droit à une deuxième chance.

jeudi 11 mai 2017

♥︎ Le Jardin des Epitaphes, tome 2 : Aimez-moi - Taï-Marc Le Thanh



Pour Double-peine, Poisson-pilote et leur grand frère, le road trip se poursuit dans une Amérique dévastée. Direction San Francisco. Plus rien ne peut les arrêter : ils franchissent les obstacles avec force et optimisme, sûrs de retrouver bientôt leurs parents. Mais de douloureux souvenirs viennent hanter notre héros et anéantir ses certitudes. Et si la plus grande menace qui pesait sur sa famille était là, dans les terribles secrets qui surgissent du passé ?
La fin d'un périple mouvementé entre révélations, émotion et humour !

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Il y a les livres qu'on aime. Il y a les livres qui nous changent, nous transportent, et il y a les livres qui ont l'air d'avoir été écrits pour nous. Le Jardin des Epitaphes est de ceux-là. Il mêle tellement de choses que j'aime que j'ai l'impression qu'il fait partie de mon univers, voir que j'aurais pu en écrire l'histoire (si je savais écrire).

Ce livre, c'est LE livre. Tellement que je suis incapable d'en parler correctement. D'ailleurs, noter un coup de coeur sur la pile qu'on a à la librairie, pour le conseiller, ça a été un enfer.

Suite directe du premier tome, Aimez-moi nous fait retrouver la fratrie dans leur voyage à travers les Etats-Unis. Ils ont laissé l'Europe derrière eux et se rapprochent de plus en plus de leurs parents. De nombreuses épreuves les attendent, à commencer par une de taille : la mémoire de Hypothénuse/Carnage/Pax (ou le héros qui n'a pas de prénom). Ses deux années de trou noir se comblent progressivement et pas de la manière la plus douce, sauf que les surprises ne sont pas agréables.
Les éléments que je trouvais un peu incohérents trouvent des réponses, plus ou moins plausibles. Mais qui dit monde futuriste dit que l'auteur fait ce qu'il veut. Quand des éléments me gênaient, je laissais passer, et ils trouvaient tout simplement leur explication plus tard. Cependant certains détails m'ont vraiment gênés par leur manque de réalisme, comme le fait que Double-Peine (dont j'ai oublié l'âge exacte mais qui doit avoir dans les 4 ans) soit capable de chanter du Aerosmith ou Teenacious D, mais ne comprend pas une phrase comme "my name is Sarah". Ou alors la facilité avec laquelle certains événements se développent.

Sauf que ce livre est un jeu-vidéo, du moins dans son ambiance. Encore une fois, les choix de l'auteur sont là pour ajouter une ambiance particulière à son livre, et ça a marché à 100%. Dans un livre aussi captivant que celui-ci, et aussi proche de tout ce qui m'inspire, je suis prête à laisser passer tous les petits défauts, et à les considérer comme des preuves de qualité irréfutables.

Autant le dire, je suis totalement aveuglée d'amour face à cette série.
Un gif pour l'ambiance à la MAD MAX.
Pour la référence à une chanson citée dans le tome 1.

lundi 24 avril 2017

La Nuit des Cannibales - Gabriel Katz


Le réveil, déjà... Il est sept heures. Bizarre, j'aurais juré l'avoir réglé sur huit. Sous ma main, la table de nuit est plus basse que d'habitude. La radio gueule un truc qui ressemble à Madonna, ou Lady Gaga, bref. Ce n'est pas France Info. Je me lève dans le noir et me demande d'où vient cette infâme odeur de pieds. Je n'ai jamais senti des pieds de ma vie, et même si j'ai assez bu pour me réveiller dans un lit qui n'est pas le mien, ça n'a jamais fait puer personne. L'interrupteur, enfin, me tombe sous les doigts. J'allume. Je regarde mon bras... qui n'est pas mon bras. Mon nez me paraît pointu, mes pommettes aussi. Putain, je ne suis pas moi.

Lorsque Maxime de Retz, homme d'affaires de 43 ans, se réveille dans le corps d'un ado, la situation est pour le moins embarrassante.
Mais, quand on essaie de l'assassiner, là, tout part carrément en vrille.

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Pas facile d'être objectif quand on parle d'un livre écrit par un "copain". Quand ledit copain, on le connait plutôt bien. Quand on le retrouve dans le personnage principal dans à peu près tous les paragraphes.

Le problème, c'est que j'ai adoré ce livre, mais plus parce qu'il me fait penser à Gabriel Katz, que pour son histoire, du coup je suis incapable de savoir si je l'aurais aimé si je ne connaissais pas l'auteur. Je suppose que oui, parce que j'ai quand même bien rigolé.

L'histoire est sans prétention. On a l'impression de lire un scénario de film d'action : des flingues, des fusillades, des belles bagnoles. Jason Bourne s'incruste à Paris, se retrouve dans un corps d'ado et essaie d'échapper à des Cannibales un peu étranges. C'est de la lecture "détente" qui change un peu, quand on n'est pas habitué à ce style.

Du coup, j'ai vraiment bien aimé cette lecture, ça m'a détendu, ça m'a changé et ça m'a fait rire (bon, probablement parce que j'aime bien l'humour noir, parce que finalement il n'y a rien de drôle dedans). On est loin d'Aeternia, sa seule autre série que j'ai lue, mais c'est pas déplaisant.